A propos de Mitterrand l’Africain ?

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La complexité des relations franco-africaines ne cesse de donner le tournis à bon nombre d’observateurs. S’intéressant au sinueux parcours africain de l’ancien président de la République française, en l’occurrence François Mitterrand, décortique avec minutie, à travers les deux septennats de cet illustre personnage, les réseaux ayant été mis en place par Jacques Foccart et entretenus par la gauche française. L’auteur nage donc dans les eaux troubles de la Françafrique afin de mieux expliquer la puissance des lobbies qui imposent la continuité dans les rapports entre la France et l’Afrique.
Dans cet ouvrage, l’accent est aussi mis sur un lien de près de quarante-cinq ans entre un homme – que d’aucuns qualifient de « mythe errant » et tout un continent, des méandres et des écueils qui ont enseveli des tas de secrets dans des marigots africains…
Le contexte
À l’heure où l’actualité africaine est entre autres dominée par les conflits, l’exode de nombreux jeunes, la lente « colonisation » de ce continent par la Chine, on ne cesse de se demander si, après François Mitterrand et ses trois successeurs – Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande –, la France du troisième millénaire siècle sera encore africaine ou ne le sera plus. Cet ouvrage donne, à travers le parcours africain de l’ancien empereur de la République française, quelques pistes utiles à la compréhension des futures relations franco-africaines.
Quelques extraits
« La vraie mission de François Mitterrand a-t-elle consisté à détruire, à l’instar de Scipion l’Africain, l’Afrique par le truchement de toutes les fonctions qu’il a occupées dans les différentes institutions de la République française ? Était-il tout simplement convaincu du fait que, dans le contexte mondial à la fois géopolitique et géostratégique, la France ne resterait grande qu’en maîtrisant le continent africain ? »
« Le dernier “grand monarque” de la “France républicaine” ne cesserait de juger, de se baser sur les réminiscences purement paternalistes pour mieux fonder ses relations avec les anciennes colonies françaises et d’autres pays africains de l’univers francophone comme le Rwanda, le Burundi et le Zaïre de Mobutu Sese Seko. De temps à autre, des rayons de lumière, surgissant soudain des ombres de la période coloniale, éclaireront des scandales de la Françafrique que n’ont cessé de dénoncer François-Xavier Verschave et ses amis de l’association Survie. Rayons de lumière qui ramèneront à la surface un certain nombre d’affaires africaines – récentes mais efficaces – propres à la mitterrandie à travers les réseaux d’origine foccardienne. »
« De toute évidence, les relations franco-africaines, indépendamment des gouvernements de gauche comme de droite, nous apprennent sans arrêt que l’adversité et la mauvaise moralité n’ont jamais empêché les bons, voire les beaux, sentiments. Bien au contraire, les différents antagonistes ont souvent composé, devenant ainsi des protagonistes, en vue des intérêts communs indispensables à la prospérité de la France. »
« Cela laisse supposer que l’ancien ministre de la France d’Outre-mer estimait que, malgré les traitements dégradants que le colon faisait subir au colonisé, l’Afrique n’avait pas du tout à se plaindre car la France lui avait apporté la “vraie civilisation” ».
« L’ancien président de la République française a même situé dans le continent africain son “évolution à gauche”. En effet, “la toute-puissance et la malfaisance du capitalisme sous sa forme coloniale” l’ont animé d’“un profond sentiment de révolte”. En réalité, en ce printemps 1953, Mitterrand était plus attiré par le pouvoir que par la gauche. »
« Les Africains disent qu’il est important de “détenir le temps et non la montre”. Le temps était tout justement une donnée fondamentale, dans la gestion des événements, chez François Mitterrand. Souvent, il retardait la prise de décisions – espérant toujours que l’éveil des consciences finirait par apaiser les tensions. Il ne s’exprimait seulement qu’après l’éclatement de la bulle. »
« Excepté l’aspect bifide qui l’a toujours caractérisé, cette éternelle ambiguïté qui lui a permis de nager avec les requins sans pour autant se faire dévorer, la vraie question réside dans le fait de savoir si l’on peut être socialiste en France, voire en Europe, et se comporter en capitaliste ou en impérialiste en Afrique. »
« La Baule n’était qu’un nouveau registre politique que le « mythe errant » a, dans un contexte géopolitique mondial particulier, offert aux mauvais analystes qui se contentaient de la forme et aux observateurs attentifs qui s’intéressaient au fond. »
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